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Le voisinage

Le voisinage - Mathieu Phelps

Depuis l’adolescence, j’ai économisé tout ce que je gagnais, pour pouvoir m’acheter une maison. Il y a deux ans, j’ai réussi à en mettre de côté, assez d’argent pour m’acheter une petite maison en banlieue. Le jour où j’ai signé les papiers de transaction, j’étais l’homme le plus heureux du monde. Dès le premier jour, où ma femme et moi, nous sommes installés, une mauvaise surprise m’attendait. Plusieurs voisins se sont mis à nous épier. Que je sois dans la cour arrière ou dans la maison, je sentais toujours le regard d’un de mes voisins. Lorsque je sortais dehors, je voyais leurs têtes cachées derrière les fenêtres.  Parfois, je les voyais discuter dans la rue. Et lorsque je me mets à m’approcher d’eux, ils regagnaient immédiatement leur maison. Quand j’ai raconté à mes parents comment mon petit chez-moi est devenu un lieu cauchemardesque, ils m’ont dit que c’était moi qui n’étais pas habitué à la vie en banlieue. Je les ai demandé de venir vivre avec moi quelque temps, pour voir s’ils pouvaient supporter ce que je vivais. Là-dessus, ils ont accepté. Ils n’étaient même pas sortis de leur voiture que les voisins se sont mis à ouvrir leurs fenêtres pour voir ce qui se tramait chez moi. J’ai dit à mes parents que j’étais dégouté par les messes basses de ces gens. Cette maison était un projet de vie, et je voulais y passer le restant de mes jours. J’ai dit à mes parents que je voulais la vendre. J’en avais assez de me faire épier du matin au soir. J’ai mis une annonce dans le journal du coin. J’ai eu rapidement de réponses, car c’était un quartier assez chic. Un homme travaillant dans un commerce de porte et fenetre Sainte-marthe-sur-le-lac, était prêt à m’acheter la maison, deux jours après la mise en ligne de l’annonce. Mais il ne m’en a même pas offert la moitié de ce que j’y ai mis. Après ça, les rendez-vous avec les potentiels clients s’enchaînaient. J’ai dû tous les refuser, car c’était trop peu. En voyant que j’étais désespéré, ma mère a décidé de me l’acheter. Elle m’a dit qu’elle n’avait pas de problème à vivre dans cette maison, étant donné que les voisins avaient tous le même âge qu’elle. Je pensais que si elle n’avait pas de problème à vivre là-bas, elle pouvait y vivre. C’était mieux que de la vendre. Mais je n’allais pas lui faire payer. Elle a accepté. Là-dessus, j’ai loué un petit appartement en ville. Je voulais m’éloigner de cet endroit. Chose amusante, lorsque je suis retournée dans la maison, j’ai vu que ma mère s’entendait à merveille avec le voisinage. Ils organisaient même des parties de cartes dans le salon. Les gens qui ne me disaient pas bonjour m’ont salué, comme si j’étais le messie. Bref, je ne m’expliquerai jamais comment ma mère a fait, mais elle a réussi à se faire aimer et respecter par ces gens.

 

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Amateur de bon vin et des plaisirs de la table, je ne sais jamais dire non à un bon moelleux au chocolat. La vie est trop courte pour se perdre en regret, voilà ma philosophie ! Cinéphile avertit, je peux me repasser les films classiques inlassablement, et je suis un fan fini de Meryl Streep et d’Al Pacino, mais je vous épargnerai mes critiques personnelles de film, je garde ça pour mon forum préféré sur le sujet. Je passe facilement du coq à l’âne, à vous de me suivre.