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Quand on est sceptique, on le reste

Quand on est sceptique, on le reste - Mathieu Phelps

Un jour, j’étais dans le métro de Montréal, et j’attendais, comme tous les jours, de rentrer chez moi après une journée très chargée. Je prenais place auprès de deux dames assez âgées, qui parlaient à propos d’un sujet qui m’était complètement inconnu. Ce n’est pas que j’ai l’habitude d’écouter les conversations des autres, c’est simplement qu’après avoir entendu prononcer les mots « vallée des larmes », je me disais qu’il devait s’agir d’un film qui venait de sortir, ou d’un roman à l’eau de rose. En fait, il n’en était rien. La dame montrait son visage à l’autre, et j’apercevais quelques petites boursouflures, ainsi que quelques petits points rouges. Elle revenait d’un centre d’esthétique. Ce fut la première fois que j’entendais que l’on pouvait se faire faire des injections de botox Quebec.  On en apprend tous les jours.

J’entrais donc chez moi, en me remémorant cette conversation. Un peu plus tard en soirée, j’en parlais au téléphone avec ma mère, qui me révélait qu’elle en faisait elle-même, depuis deux ans. Je n’arrivais pas à croire ce que j’entendais au moment où elle me le disait. Dès le lendemain, je décidais d’aller la voir pour la sermonner sur la simple raison que le Botox n’est qu’un dérivé d’un produit contenant le botulisme. Je voulais avoir la certitude qu’elle ait pleine conscience de ces actes. Dès le départ, elle prit la parole pour que je ne puisse pas en placer une. Elle défendait son ambition de continuer à se faire faire ces injections, comme si sa vie en dépendait.  Elle me montrait sur son visage les effets bénéfiques que lui procurait ce produit en la rajeunissant. Il y avait effectivement comme une amélioration que je n’arrivais pas vraiment à discerner. Quand elle me parla de pattes d’oie et de lion, je restais dans l’étonnement total. Je ne savais pas que ma mère pouvait avoir une trace de patte d’animal sur le visage. Elle me traita d’imbécile, en essayant de me montrer sur mon visage à moi, que j’avais une patte d’oie qui se formait déjà à mon âge. Je partais avant qu’elle ne me trouve un autre animal de la ferme sur le nez. Le soir venu, j’appelais mon père pour lui dire ma désapprobation à propos des injections qu’elle se faisait. Il me signala qu’il comptait lui aussi s’en faire faire la prochaine fois que ma mère y allait, parce qu’il n’y avait pas de raison qu’elle soit seule à paraître plus jeune. Je raccrochais, avant qu’il ne me sorte d’autres choses dont je n’avais vraiment pas envie de discuter avec lui.

 

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Amateur de bon vin et des plaisirs de la table, je ne sais jamais dire non à un bon moelleux au chocolat. La vie est trop courte pour se perdre en regret, voilà ma philosophie ! Cinéphile avertit, je peux me repasser les films classiques inlassablement, et je suis un fan fini de Meryl Streep et d’Al Pacino, mais je vous épargnerai mes critiques personnelles de film, je garde ça pour mon forum préféré sur le sujet. Je passe facilement du coq à l’âne, à vous de me suivre.